Questions à vous toutes:

Questions à vous toutes:

https://winstonetraverse.wordpress.com/2019/04/19/questions-a-vous-toutes/
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Pouvez-vous partager vos expériences? Une copine a besoin d’y voir plus clair…

Merci! 🙏🏻

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La réanimation pédiatrique

Il y a 10 mois, quasiment jour pour jour, je franchissais pour la première fois les portes de l’unité de réanimation néonatale sur mon fauteuil roulant. C’est troublant, car je me souviens en détail de l’entrée dans le service, de la découverte des alarmes des scopes aujourd’hui Si familières, puis de SA porte. Numéro 10, au fond du couloir, à gauche. Devant sa chambre, un écran qui montre ses constantes. Les battements du cœur de mon Si petit bébé. Et puis écrit sur une tortue, son prénom. Paradoxal, irréel, je touche mon ventre et j’ai le cœur au bord des lèvres : il y a quelques heures encore dans mon ventre, elle est désormais là. Derrière cette porte. Et je vais la rencontrer. De la suite j’ai tout oublié. Balayée par l’émotion, la peur, l’angoisse. Je me souviens de gros sanglots et de l’émotion mais c’est le néant comparé à tous les souvenirs détaillés de « l’avant ». Entre l’avant et l’après, c’est le vide. C’est une infirmière qui me racontera, des jours plus tard, que cette rencontre a été l’une des plus belles de sa carrière et qu’elle a eu du mal à contenir ses larmes. Pour autant, ça n’a rien réveillé chez moi. Quand elle est sortie de mon ventre, le silence. Quand je l’ai vue pour la première fois, un écran noir.

Combien de fois ai-je franchi les portes de ce service les yeux remplis de larmes. Combien de fois me suis-je demandée si elle serait toujours là Le lendemain, quand je les pousserai à nouveau. A prier pour un petit écran allumé mais qui ne clignote pas. Des courbes harmonieuses et fluides pour m’assurer qu’elle ne souffre pas.

J’ai quitté la réanimation le cœur lourd tant on m’a apporté et tant je leur suis reconnaissante mais ivre de bonheur de savoir mon bébé sur la bonne voie. Je me suis dit ce jour là que nous tenterions de revenir un jour, pour leur montrer à quel point leur bienveillance et leur empathie avait fait la différence et permis au plus beau des miracles de sourire.

Puis il y a eu ce noël. Transfert d’urgence en réanimation un soir, tard après une detresse respiratoire majeure. Puis mercredi dernier, où j’ai accompagné mon Si petit bébé dans un hélicoptère qui allait l’envoler loin de moi, dans cet endroit que je connais si bien, le cœur brisé.

Aujourd’hui, j’ai à nouveau franchi les portes de l’unité de réanimation pédiatrique. Mais elle était en portage, contre moi, les yeux grands ouverts et sa petite main qui serrait fort la mienne.

Aujourd’hui prend fin la onzième hospitalisation de notre plume depuis sa sortie, le 8 septembre dernier. J’ai peur de demain. Mais quand nous sommes sorties, le bonheur et la gratitude de l’avoir dans notre vie, et qui plus est contre moi, m’a donné la force d’une armée.

Je suis avec toi, plus forte que jamais, mon ange…

Publié dans 25 SA, extreme prematurite, La vie est belle | 21 commentaires

Féminin MAHLER : la prématurité racontée via un roman graphique !

J’ai découvert cette artiste sur sos prema. J’ai été saisie par ses dessins qui me parlaient si fort… je suis convaincue que son projet apportera beaucoup a tant de familles…. si vous le souhaitez, un petit don permettra à cette petite goutte d’eau de devenir une jolie rivière.

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Féminin MAHLER : la prématurité racontée via un roman graphique !

Féminin MAHLER : la prématurité racontée via un roman graphique !
— À lire sur bamp.fr/2019/03/20/feminin-mahler-la-prematurite-racontee-via-un-roman-graphique-a-publier-qd-tu-veux-mais-avant-le-10-avril-qui-signe-la-fin-du-financement-participatif/

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(Maternite) A lire de toute urgence ❤️

Sublime, magnifique et tellement vrai.

https://positivr.fr/maman-quelqu-un-a-besoin-de-toi-quotidien-bonheur-mere/

Je souhaite fort fort à toutes celles qui attendent que très bientôt quelqu’un puisse avoir aussi besoin d’elles… aussi fort qu’elles ont besoin de ce petit quelqu’un qui se fait (tellement tellement) attendre….

Publié dans PMA | 13 commentaires

Une tranche de vie…

Notre petite plume est hospitalisée pour la troisième fois depuis sa sortie. J’arpente donc régulièrement les couloirs avec cette nonchalance issue de nos habitudes, mais le plus souvent avec le sourire car je croise quasiment à chaque fois des soignants que je connais et que j’apprécie beaucoup.

Mais ce matin… En attendant l’ascenseur, malgré moi, j’ai été témoin d’un moment terrible et déchirant. Qui me rappelle à quel point la vie peut basculer, pour tous, en quelques secondes.

Sur un banc, un papa et ses deux jeunes filles, en sanglots. J’entends alors des murmures au milieu des larmes :

– « Papa je veux que maman reste avec nous.

– Moi aussi ma chérie, je le souhaite tellement fort. Mais la maladie est plus forte

….

– papa je suis trop triste pour aller à l’école.

Et alors, ce papa, qui se battait pour rester fort et digne, essaie de consoler ses filles, tentant de réprimer les sanglots énormes bloqués dans sa gorge. Il va perdre sa femme. Ces petites filles inconsolables vont perdre leur maman. Et cette femme qui se bat à quelques mètres de la, va bientôt fermer les yeux, pour toujours.

J’avais envie de me retourner, de leur demander ce que je pouvais faire, leur serrer fort la main.

L’ascenseur s’est ouvert et j’y suis rentrée les yeux brillants. Une fois sortie, je n’ai pas pu retenir de grosses larmes bien rondes.

La vie peut basculer en quelques secondes… et je suis encore bouleversée d’avoir été témoin de cela…

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Réaliser que ça ne va pas

Nous avons décidé de faire un enfant il y a 8 ans. Faire un enfant c’est donner la vie. Et pourtant pendant des années j’ai été confrontée à la mort et au deuil : fausses couches à répétitions (11), embryons jugés trop vilains pour avoir leur chance (plus de 90), deuil de mes gamètes…

Et puis, dans ce parcours chaotique, ils sont arrivés, nos deux merveilles, en pleine santé, après une grossesse médicalisée mais normale. S’en sont suivis des mois difficiles, entre culpabilité et fatigue extrême mais aussi les plus beaux mois de ma vie, indéniablement, et de loin, en dépit des difficultés.

Puis elle est arrivée, par surprise, notre chouquette. En faisant l’amour! Et elle s’est accrochée. Miraculeux. Tellement beau, trop pour que cela semble réel. Colmatant la blessure d’infertilité. Cicatrisant les égratignures du don. Ouvrant, j’en étais convaincue, un nouveau chapitre : celui de la normalité et de la facilité.

Et puis… sont arrivées les difficultés : menace d’accouchement prématuré, césarienne d’urgence sans anesthésie avec expérience de mort imminente et… l’extrême prématurité. La peur constante de perdre notre fille. L’angoisse que le téléphone sonne pour nous annoncer de venir vite lui faire nos adieux et ne pas avoir le temps d’arriver. La culpabilité. Et en parallèle, la maladie de ma grand mère, sous fond de champs de bataille.

À nouveau le contraste, le paradoxe, le grand écart entre vie et mort.

J’étais déjà au combat, c’était un leste de plus, mais j’avais l’impression de gérer. Notre fille se battait avec courage chaque jour et nos fils nous apportaient tant d’énergie et de raisons de nous battre.

Et doucement, sans que je ne m’en rende compte, la mélancolie est venue dans mon quotidien. Qu’il est étrange et paradoxal d’avoir tout pour être heureux, de l’être, mais d’être envahi par la mélancolie… et donc par la culpabilité. Rongée par la culpabilité. D’oser craquer maintenant alors que j’ai la vie dont je rêvais. Que nous sommes enfin une belle et merveilleuse famille.

Je fais une dépression. Selon ma psy c’est une dépression post traumatique, issue de tous les traumatismes répétés que j’ai accumulés dans mon sac à dos pendant des années, depuis l’enfance, trop occupée à me battre pour avancer. Sauf qu’aujourd’hui je me sens très fatiguée. Et que mon état psychique est le dernier combat que je dois mener pour clôturer ce chapitre rempli de douleur et de deuils. Je n’ai pas le choix, je vais devoir affronter ce que j’occulte depuis trop longtemps. Parce que la vie est ainsi faite : des coups il y en aura d’autre. Et pour les encaisser je devrai être solide. Je pensais l’être, mais comme tout le monde, j’ai mes limites.

La dépression est taboue. Encore plus pour l’ex pmette que je suis. Combien de fois me suis-je dit que j’étais une honte pour celle que j’ai été et qui a tant souffert, une hérésie pour celles qui espèrent tant vivre ne serait ce qu’un millième de mon bonheur. Un non-sens alors que je tiens ma plume dans mes bras, en bonne santé, alors que tant de parents d’extrêmes prématurés n’ont pas notre chance.

Alors, à défaut de prendre les armes, je vais prendre le temps de me poser et de fouiller dans tout ce que j’accumule depuis si longtemps, de cicatriser mes vieilles blessures et apprendre à être indulgente et bienveillante avec moi-même.

Publié dans 25 SA, Coup de blues, depression, extreme prematurite, fiv DO, je cherche ma route, miracle, PMA | 131 commentaires