Le 16 juin 2018

25 SA : rupture de la poche des eaux. Corticoïdes en urgence puis transfert en niveau III. 30 minutes après la bandelette positive je suis dans le samu.

25 +1 : je n’ai dormi que 30 minutes, j’ai peur. Je suis seule. A mon grand soulagement notre chouquette a assez de liquide même s’il en reste peu. Alitement strict, interdiction formelle de mettre le pied par terre.

25+2 : je rencontre une des pédiatres du service de rea neonat, et j’ai énormément de mal à surmonter l’entretien… elle parle de « zone grise » jusqu’à 27 SA. Et me conseille de très rapidement acheter un doudou pour l’imprégner de mon odeur.

25 SA+4 : Les nouvelles de la veille étaient bonne : la puce avait plus de liquide, mon état était stable, l’alitement strict semblait fonctionner. Je n’avais pas mis le pied au sol depuis 6j, pas senti l’air extérieur depuis plus de deux semaines, pas vu mes enfants depuis 10 longs et interminables jours, mais j’étais heureuse et sereine : ma puce allait bien.

Dans l’après-midi, je recommence à perdre (beaucoup) de sang, mais j’ai l’habitude… j’avais l’impression de ressentir des contractions douloureuses mais le Monito n’indiquait rien… par sécurité l’interne de garde vient m’ausculter, il est 18h, mon état est jugé stable et non préoccupant.

20h30: je perds beaucoup de sang, j’ai mal au ventre. On se rend compte que les capteurs de mes monitos étaient placés trop hauts, j’ai bien des contractions douloureuses et mon utérus ne se détend pas.

20h45 : l’interne arrive. On me pose un cathéter, je pars en salle de pré travail.

20h50 j’arrive enfin à joindre l’homme, je lui dis entre deux sanglots de venir vite, que je risque d’accoucher.

21h : on m’injecte du sulfate de magnésium et une dose massive d’antibiotiques. L’interne me dit qu’on espère pouvoir attendre 4h pour m’accoucher, temps de l’injection du sulfate « je vais devoir faire naître votre bébé, vous avez tous les signes cliniques d’une chorio amniotite »

21h30 : on me pose la péridurale

22h : ma puce supporte mal les contractions. L’interne est venu vérifier le monito régulièrement, il espérait tenter une voie basse.

« Nous allons au bloc, je dois faire naître votre bébé maintenant ».

Je suis seule, l’homme a une heure et demie de route. En état de choc, je réalise à peine que je suis déjà au bloc. J’ai peur d’avoir mal. Je ne pensais pas viser aussi juste…

Sensibles passez votre chemin. Ce que j’ai vécu est très rare et assez violent…

Je ne ressens rien au moment de l’incision, comme pour ma dernière césarienne. Je craignais vraiment de souffrir sans rachi. L’anesthésiste me dit « vous voyez ça ne sera pas pire que ça ». Et pourtant… je sens des coups répétés de scalpels, les écarteurs, et je me mets à hurler. Je sens absolument TOUT. Je sais qu’il faut aller vite mais je n’arrive pas à me contrôler, j’ai peur, j’ai mal. On met plaque très fort un masque sur la bouche et dans l’urgence on ne m’explique rien. J’étouffe , je n’arrive pas à respirer, je n’entends plus que les machines autour de moi résonner très très fort dans mes tympans. Puis tambouriner avec violence. Je sombre dans un trou blanc sans fin, je lutte, et je réalise que je ne peux rien y faire : je suis en train de mourir et personne ne semble s’en rendre compte. Je finis par me rendre à l’évidence et j’arrête de me battre. Je dis adieu à mes enfants, leur répète que je les aime, autant que le temps qu’il semble me rester me le permet et leur dis que je suis désolée…. Parce qu’au final je ne suis plus que du chagrin et de la douleur… et que je n’ai plus la force de me battre, j’accepte que tout s’arrête ici et maintenant, la vie s’étant chargée une dernière fois de broyer tout ce qu’il me restait de force et de courage.

22h29 : alors que j’avais quasiment perdu connaissance, je reviens brutalement dans la réalité. Péniblement, je dis dans un murmure « je suis en train de mourir, aidez-moi ». Et une voix très claire me répond « j’enlève le masque parce que c’est la naissance de votre bébé ».

Je n’entends absolument rien. Silence profond et pesant. Et je pleure, je pleure mon si petit bébé qui est trop faible pour montrer qu’il est là. En une fraction de seconde nous ne sommes plus ensemble. Je n’ai même pas eu le temps de réaliser que je n’allais plus jamais la sentir bouger en moi, que l’aventure s’arrêtait là. Puis arrivent les spasmes… je convulse et je me mets à vomir… entre les deux on me remet le masque de l’enfer… physiquement je ne sens plus rien. Émotionnellement je ne suis plus que de la poussière et des larmes.

23h15 : on me dit que je vais enfin voir l’homme. Il apprend la naissance de notre fille en me voyant dans mon lit, dans un couloir, devant les ascenseurs qui vont nous conduire en salle de réveil. Enfin on me prend la main, enfin je ne suis plus seule…

Minuit: il peut enfin voir notre puce. Elle s’en sort bien : elle n’a pas eu besoin de sulfactant et n’a pas eu besoin d’être intubee. Dans un sanglot il me dit : « je lui ai parlé et elle a ouvert son tout petit œil pour me regarder ».

Nous sommes le 17 juin : c’est la fête des pères…

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Transfert en niveau III

Les saignements étaient stables, on envisageait de me faire rentrer jeudi… et voilà… a 25 SA tout pile aujourd’hui, je perds du liquide amniotique.

On s’accroche, j’essaie d’être forte.

Merci pour votre soutien. Il est précieux et inestimable.

🍀🤞🏼🙏🏻💪🏻

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ÉDIT – Les urgences, du sang, de la patience…

Dans mon dernier article, je vous disais ne pas savoir si j’allais écrire sur la grossesse. Étant donné que les choses ne sont pas aussi « calmes » que je l’aurais souhaité, et parce que les témoignages sur ce sujet sont rares, je viens vous raconter nos dernières aventures.

20 SA+4, je fais un petit malaise en fin de journée. Il m’inquiète suffisamment pour que je demande à l’homme, qui va à une fête le soir même, de garder son téléphone à proximité. Il n’aura pas le temps de partir : aux toilettes du sang rouge vif. Direction les urgences, dans les larmes. S’est produit ce que m’avait dit mon échographiste : c’est mon placenta qui saigne (bas inséré recouvrant, étant donné que l’on ne parle de praevia qu’à 32 semaines). Ils me gardent en tout 4h, pour voir l’intensité des saignements et me renvoient à la maison, en insistant lourdement sur le fait que je risque très fortement d’être hospitalisée en maternité de niveau III (150km de la maison) à compter de 25 sa. Beaucoup d’émotion tout de même : ma chouquette suçait son pouce… ❤️

22 SA : les saignements ne se sont jamais arrêtés mais restent légers. J’ai un mauvais pressentiment et supplie l’homme de ne pas partir en séminaire. Ce qu’il fera quand même. Bingo, à 21h retour aux urgences, saignements abondants. Je tombe sur un gynécologue exceptionnel, d’une empathie et d’une gentillesse hors normes. Il lit mon dossier, prend le temps de me demander comment je vais et me dit d’impérativement me mettre au repos. C’est toujours l’hématome qui saigne, il n’est pas inquiet mais j’ai de nouvelles consignes : ne plus porter les enfants (pratique quand on est en congé parental), ne plus prendre la voiture et me reposer au maximum. Grâce à la solidarité familiale (étant donné que j’attends toujours que la pmi me rappelle), j’ai désormais une personne à la maison pendant que l’homme travaille. Cette fois-ci à l’image notre chouquette nous a beaucoup fait rire : elle se grattait la tête avec les pieds.

22+3 : beaucoup de sangs, des caillots, je m’effondre. Je dois aller à mon Echo morpho, je ne sais pas quoi faire. Aux urgences la sf que j’ai en ligne panique et ne me rassure pas. Mon échographiste étant réputée, je décide d’y aller : si soucis elle m’enverra aux urgences qui sont à quelques mètres. Elle se veut très rassurante : col long, petit hématome, bébé tonique… et qui a ce qu’il faut ou il faut. Elle m’explique que mon placenta ne recouvre le col que sur un cm et que le cordon est inséré bien plus haut : les saignements n’ont donc aucune incidence sur le bebe. Que je vais encore saigner, car en grandissant mon utérus « étirera » cette languette de placenta et provoquera des saignements. Elle est optimiste et me dit qu’il remontera : elle est sure que j’accoucherai normalement (mais soyons francs, si la césarienne est la seule « complication » que les médecins craignent, ça me va très bien!). Elle me propose de me recevoir à chaque fois que je suis angoissée et de ne pas aller aux urgences ou j’ai systématiquement des examens vaginaux. « Vous êtes très echogene, on voit très bien en voie abdo ». Elle a fait tout un tas de clichés au cas où je devrais aller aux urgences, afin d’éviter les examens qu’elle juge invasives et inutiles. Je rentre chez moi rassurée et presque sereine, malgré les caillots toujours présents. La chouquette a toujours les pieds au niveau de la tête. Quelle souplesse!

23 sa : rendez-vous mensuel avec la gyneco. Elle est bien moins optimiste que l’echographiste. On passe à un rdv tous les 15j et sf à domicile à compter de 25 sa. Elle m’a demandé de venir à chaque contrôle avec ma valise, pour être transférée en niveau III…

23+3 : beaucoup de sang. Beaucoup de caillots. J’ai peur. Je tente de joindre mon échographiste en vain. J’essaie de me raisonner. Ce ne sont pas les saignements mais des suspicions de contractions qui me feront appeler les urgences… qui me demandent de venir sur le champs. Comme d’habitude je suis reçue en 5 minutes. La gyneco touche mon ventre et confirme que je contracte. Heureusement, à l’échographie le col est long, bébé bouge bien et les images sont identiques à celles de l’echographiste. Elle hésite, me demande mon avis et finalement me garde pour un protocole adalate, afin d’arrêter les contractions. On me pose un monitoring et en effet j’ai des contractions toutes les 6 minutes. Je retiens mes larmes en snifant les tee shirt de mes loulous, piqués avant de partir. Heureusement l’adalate fait effet et je passe la nuit sans contractions. Le lendemain, après une pds de contrôle qui révèle une anémie mais aucune infection, j’ai le feu vert pour rentrer chez moi avec alitement strict.

Je continue donc l’adalate jusqu’à mon prochain contrôle le 11 juin, en espérant très fort ne pas avoir à faire ma valise avant…

Édit : 23+6, hospitalisation à durée indéterminée, refus de la gynécologue de changer le traitement pour stopper les contractions à cause du terme de la grossesse… je veux bien vos croisages…

🍀🤞🏼💪🏻

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Un (double) miracle peut en cacher un autre…

Par où commencer? J’ai volontairement choisi de ne pas partager ici ma vie de maman car ce blog était avant tout pour moi un blog de pma, blog que j’ai ouvert pour qu’il puisse, comme l’ont été tant de blogs pour moi, un témoignage de mes états d’âme, de notre parcours du combattant, puis celui d’un espoir grandissant. Mais avec du recul, je crois que c’était avant tout parce que je craignais de blesser les copines restées à quai, que je me sentais coupable d’être passée de l’autre côté sans elles…. et du coup, bien que j’ai eu envie a de nombreuses reprises d’écrire, je me suis censurée. Rétrospectivement je me dis que c’est dommage, il y a un avant pma mais aussi un après, notamment des sentiments très spécifiques aux infertiles devenues maman. C’est grâce aux copines qui ont continué à écrire que je l’ai compris et je ne vous remercierai jamais assez de ne pas avoir cessé d’écrire comme moi. Alors peut-être que d’autres billets suivront…

Je vais quand même vous donner des nouvelles : nous allons bien. Mes deux miracles grandissent bien, vont avoir 18 mois (déjà!) et nous comblent de bonheur. Leur première année, bercée par plus de nuits blanches que d’heures de sommeil a été très très difficile, c’est un fait : nous avons dormi moins de deux heures par nuit en fractionné pendant quasiment un an. Mais nous en sommes sortis, et quand on dort…. le bonheur grandit de façon exponentielle!

Dès leur naissance il a été évident pour moi que nous retournerions en RT. J’envisageais un transfert entre septembre 2018 et janvier 2019. Les nuits hachées, la réalité de la vie de parents de jumeaux et la complexité d’un suivi sur paris ont eu raison de mon impatience, d’autant que clairement l’homme n’était pas vraiment chaud.

Et puis… est arrivé ce qui est déjà arrivé 11 fois avant nos miracles, malgré un allaitement toujours en place : je suis tombée enceinte. Forcément, après être passé par la case don et avec nos antécédents on ne s’est fait pas trop d’illusions.

Et pourtant… c’était trop tôt (les petits avaient 13 mois quand c’est arrivé), c’était imprévu, c’est paradoxal, miraculeux, inespéré, inattendu… Mais c’est pourtant bien réel : je suis dans mon 5eme mois et j’attends une petite fille… et elle va parfaitement bien. J’ai quelques soucis dus à un placenta praevia qui recouvre intégralement le col, cela fera peut-être l’objet d’un autre billet.

Je tenais à partager ce miracle ici car clairement nous avions fait notre deuil d’une grossesse évolutive et spontanée. J’avais fait le deuil de mes gamètes. Bien sûr ce qu’il nous arrive reste très rare et exceptionnel. Beaucoup de couples ressortent de la pma SANS enfant. Peu de ceux pour qui la pma a marché réussiront à concevoir naturellement ensuite. Et ne parlons pas de ceux qui sont passé par le don de gamète…

J’espère ne blesser personne, j’ai pleinement conscience de la chance incroyable qui nous est offerte, même si j’ai encore du mal à réaliser. Il m’a fallu énormément de temps pour accepter que c’était bien réel : comment pouvais-je être enceinte sans piqûres, sans échographies, sans aide médicale? Sans donneuse? Sans (presque) rien faire? En tout sincérité ça me semblait impossible.

Une chose est sure, cette grossesse spontanée et inattendue me permet de cicatriser doucement une blessure qui était toujours très vive : celle de mon infertilité. Elle me donne la chance incroyable d’enfin faire la paix avec moi même et d’entamer un travail de fond avec une psy.

Quel que soit votre chemin, quelle que soit votre route, si vous saviez à quel point je vous souhaite de trouver cet apaisement et d’être heureux….

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Et vous ?

Et vous ?

https://lewallabysage.wordpress.com/2018/02/02/et-vous/
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Une nouvelle blogueuse à découvrir….

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Les enfants du don, comment leur en parler ? — Association de patients de l’AMP et de personnes infertiles.

Le plus simplement du monde, c’est en résumé ce que décrit Christophe Masle dans la dernière lettre des Cecos. Les parents qui pensent se tourner vers un don de gamètes pour essayer d’avoir des enfants, s’interrogent tous sur ce que va en penser l’enfant. Tous s’interrogent, s’inquiètent de ce que ce mode de conception peut […]

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Des lectures concernant le don de gamètes — Association de patients de l’AMP et de personnes infertiles.

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