Apprendre à vivre avec ses traumatismes

Après le retour à la maison de ma plume, la pression est retombée d’un coup. J’ai enfin pu respirer. J’ai vécu plusieurs jours de bonheur intense et j’ai commencé à me sentir fatiguée, lasse et de plus en plus mélancolique sans en comprendre la raison (même si j’avais été mise en garde à plusieurs reprise sur le risque de dépression après une naissance aussi prématurée). Pour moi c’était simplement inconcevable : comment oser souffrir après des années de pma, soldée par la naissance de trois magnifiques enfants, comment se sentir mélancolique alors que la présence de notre fille à nos côtés était un miracle inespéré. Alors que tant de paranges auraient tout donné pour être à notre place. Arrive alors la culpabilité puissance 1000, la haine et le dégoût de soi… avec le terrain hormonal idéal pour une magnifique et sévère dépression.

Parce que mes enfants m’apportent beaucoup de bonheur, parce qu’ils m’ont raccrochée à la vie quand celle de ma fille ne tenait plus qu’à un fil, j’ai demandé très vite de l’aide et cet état a été temporaire grâce aux anti dépresseurs et à la mise place d’une thérapie de longue haleine. on y debriefe enfin mes déboires liés à la maternité et a mon enfance, les liens chaotiques avec ma mère, et cette colère, si profonde, d’être celle que je suis, de ce que j’ai vécu et la hantise profonde d’être comme ELLE.

Cet épisode est arrivé juste avant une longue série d’hospitalisations longues et nombreuses, avec deux transferts en réanimations et à nouveau plusieurs moments très difficiles : la peur de la perdre à nouveau, la peur et la culpabilité de séquelles éventuelles. Mais au final je n’avais pas vraiment le temps d’y penser, j’étais dans l’instant, dans l’action, comme quand ma fille est née. Je n’avais ni le temps ni le droit de flancher.

Je n’oublierais jamais le lendemain de Pâques, ou cette fois-ci mes jambes ont cédé dans le couloir vitré, en voyant l’hélicoptère décoller avec ma fille et moi, les bras désespérément vides, encore chauds de l’avoir serrée si fort contre moi. J’avais peur qu’elle ai peur. J’avais peur qu’elle meure. Je ne voulais pas lui survivre. Comme à sa naissance, je me revois me dire « si elle ne survit pas, je peux mourir de toute façon ».

Et puis il y a eu le 5 novembre dernier. Je revenais à ma voiture avec ma plume après être allées en hôpital de jour pour lui faire ses deux injections de synagis. Nous étions au plus près de la piste d’atterrissage de l’hélicoptère, qui est arrivé à ce moment là, pour prendre un patient. Je suis restée bloquée, ma fille dans sa poussette, a regarder la civière avancer dans le couloir vitré qui menait à la piste, le chargement du malade, les proches obligés de rester à quai. Puis l’hélicoptère qui s’envole. J’étais en état de choc, paralysée et le visage trempé de larmes. C’est ce jour là que j’ai réalisé tout ce que nous venions de traverser, 13 hospitalisations, Noël et anniversaires à l’hôpital, les transferts en urgence en réanimation, le scope qui s’emballe avec 15 personnes dans la pièce. Je n’oublierais jamais ce 26 décembre ou ma plume n’arrivait plus à respirer, où il a fallu très rapidement la mettre sous infant flow, comme à la naissance. Ou malgré cela elle continuait à avoir des desaturations sévères. J’ai vu la peur sur le visage des pédiatres et celui de ma fille qui devenait bleu. Je me revois paralysée le long du mur, sentant mes jambes flancher sous le poids de l’angoisse à hurler en silence.

Elle n’a pas été hospitalisée depuis ce fameux transfert en réanimation. Elle va bien. Les séquelles motrices liées à son hémorragie cérébrale ont été écartées. Elle vomit moins, a enfin repris du poids…. sourit en permanence et va bientôt marcher. A l’époque, et en toute honnêteté, j’aurais accepté que l’on me coupe une jambe pour en être là. C’est magique et inespéré. J’ai une chance INCOMMENSURABLE.

Et pourtant, depuis ce 5 novembre, alors que je suis sous traitement, les symptômes sont revenus. Alors que j’étais heureuse et sereine, l’avenir s’annonçant très positif, les blessures et traumatismes répétés de l’hiver, qui étaient soigneusement rangés quelque part sont ressortis, parce que justement le pire était derrière, comme la première fois. C’est étonnant de voir à quel point le cerveau a cette capacité d’occulter la douleur quand l’instinct et la survie sont en jeu. Occulter mais pas effacer : le retour de boomerang revient toujours. Après l’adrénaline, la descente. Après la pression, la dépression.

Que j’ai honte, d’avoir autant de chance et de ne pas être capable de tirer un trait sur les blessures du passé. Comment font les gens qui perdent des proches, ceux pour qui l’issue est irréversible et tragique? j’ai tellement honte, je me déteste tellement de ne pas être plus forte, de ne pas réussir à dégommer les équilibres précaires de mon cerveau avec les shoots de bonheur immenses que me donnent mes enfants. Alors que je ne pensais jamais avoir la chance de les avoir…

Je suis heureuse, c’est ça qui est paradoxal. Je suis très heureuse même. Comme un funambule sur un château de cartes. Je dois apprendre à vivre avec l’incertitude de demain, et avec la bienveillance de me dire que toute blessure a besoin de temps pour cicatriser. Que c’est difficile d’être bienveillant avec soi…

Cet article a été publié dans 25 SA, depression, extreme prematurite, La vie est belle, miracle. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

79 commentaires pour Apprendre à vivre avec ses traumatismes

  1. Je te trouve bien sévère avec toi-même !
    Comment font les autres ? ben ils survivent, un jour après l’autre…
    Mais qu’y a-t-il dans l’air pour qu’on ait toutes fait ce coup de calgon en même temps ???
    bises

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  2. Lucienne dit :

    « Après la pression, la dépression. » C’est bien résumé et je pense que c’est un fonctionnement normal / sain. La pression t’aide à tenir le coup sur le moment, à gérer les 1000 choses à gérer. Ensuite la dépression est forcément à la hauteur de la pression vécue / subie. Certains gèrent ça tout seul dans leur coin et d’autres ont besoin d’aide. Les psychiatres, les psychologues, les antidépresseurs / anxiolytiques sont là pour ça. Ça peut être très temporaire ou bien + long, mais là encore chacun fait ce qu’il peut..
    Je te trouve tellement dure avec toi-même ! Tu as parfaitement le droit d’être traumatisée par tout ce qui est arrivé à ta fille, même si actuellement ça va mieux / ça va bien. Ton bonheur actuel n’enlève rien aux horreurs que tu as vécues. Le temps et une aide adaptée d’aideront à mieux vivre avec ça, mais c’est quelque chose qui restera en toi à vie. Tu n’as pas à culpabiliser de quoi que ce soit. Tu as fait et tu fais de ton mieux Carotte, j’en suis convaincue. Ne te blâme pas, pardonne-toi, accepte tous ces sentiments contradictoires.
    Bise à toutes la famille. ❤

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  3. Lucile monné dit :

    Je me suis retrouvée au même point après deux enfants en « seulement » 4 IAC, 1TEC et 2FIV ICSI… (je me reconnaît dans ton histoire avec ta mère et la peur au ventre d’être comme elle)
    Donc bon… être indulgente avec soit même c’est essentiel pour avancer. Et moi je sais que je n’aurais jamais eu ton courage pour affronter ne serais-ce qu’un tiers de ce que tu as vécu! Vu d’un autre point de vue, tu es surtout hyper courageuse

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    • Carotte dit :

      Tu penses que non mais c’est évident que si. On n’a toujours l’impression qu’on ne l’est jamais assez, que l’on n’est pas capable. Je pense que c’est parce qu’enfant, certainement, on ne nous l’a pas assez dit….

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  4. Choco_not dit :

    Ce n’est pas une question d’être comblée par trois enfant, il est question de toutes ces choses traumatisantes que tu as vécu pour en arriver là, certes l’issue est heureuse mais le chemin a été assez dur pour te marquer au fer rouge. Courage pour la suite, bisous

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  5. Hello!
    Je trouve aussi comme les autres copinautes que tu es dure avec toi même. Bien-sûr qu’il existe toujours pire ailleurs mais est ce que ça minimise ce que tu as vécu? Non, ça reste des épreuves très difficiles où tu as vu la mort en face.
    J’ai vécu aussi la maladie grave de mon fils il y a 2 ans (8 mois d’hospitalisation) et depuis je suis tjs mal, apparemment la maladie/mort d’un enfant est une des épreuves les plus difficile pour un parent. Parfois je suis comme toi, je culpabilise de me sentir mal alors que maintenant il va « bien » et que d’autres sont décédés ou encore malades. Mais c’est comme ca. Et puis on vit qd même tjs dans la peur, on craint l’avenir et c’est normal.
    Enfin bref, je nai pas de solutions miracles pour toi vu que je me bats un peu dans la même catégorie mais juste sois bienveillante envers toi même
    Gros gros bisous

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    • Carotte dit :

      Je suis désolée de lire que tu as vécu la maladie de ton enfant. Souvent, quand c’était dur, je pensais aux parents qui, comme toi, Vivaient de ces expériences impossibles…. quand je vais à l’hôpital de jour du CHU, le service d’oncologie pédiatrique est au même endroit. Mon cœur se serre à un point. J’étais déjà épuisée et éreintée par notre parcours, alors le cancer de ton enfant? Je ne sais pas c’est juste…. je n’ai pas les mots. Nous connaissons un couple qui a perdu sa fille d’un cancer. Ils sont resté debout. L’amour apporte une résilience qui est juste surhumaine….

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  6. asdecarreau dit :

    Heu… quand même non avec ce parcours difficile et semé d’embûches (de troncs de baobab même !) je ne dirais pas que tu as eu une chance démesurée, ou alors autour de moi je n’ai quasi que des personnes ayant le cul si bordé de nouilles que c’en est indécent 😉
    Certes certains vivent encore pire, d’autres même pas le millième de ce que tu as enduré.
    Au final le tableau est magnifique : 3 enfants dont une petite plume miraculée et très courageuse, c’est vrai je le reconnais. Mais p….. c’est super dur ce que tu as traversé ! je ne sais pas comment (ou si) j’aurais tenu pour ma part ! 👉💪😌

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    • Carotte dit :

      Merci pour ton gentil message. Tu sais je crois que quand on est avec la rage d’être mère au ventre, et quand on a la chance de le devenir, on ne se pose même pas la question de si on peut tenir ou pas, c’est ce qui est beau et dangereux, car on repousse ses limites à un point inimaginable, et un moment donné, il faut que ça sorte… il est évident que tu aurais au moins été aussi courageuse, c’est une évidence. On a toujours l’impression, moi la première, de ne jamais l’être suffisamment et de ne pas en faire assez…. 😘

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  7. mishqui dit :

    Toi qui es si douce avec les autres, tu es tellement dure avec toi même! Honte de quoi? De t’être battue comme un lionne pour donner la vie? D’être un mère si aimante et combattive? Non vraiment, je ne vois pas. Comme tu le dis, après la pression, le descente.. Maintenant que les jours de ta fille ne sont plus en danger, ton cerveau/âme/esprit (rayer la mention inutile) se permet de s’exprimer. Et après tout ce que tu as traversé, ils en ont des choses à dire! Il faut que ça sorte, c’est normal. Ne culpabilise pas car quand tu auras tout sorti, tu seras, si c’est possible, encore mieux, et donc c’est un cadeau que tu fais à tes enfants aussi. Je suis avec toi, toujours de loin malheureusement mais un peu là quand même. Je t’embrasse

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  8. Zabou dit :

    C’est un titre que je pourrai écrire …nous n’avons pas vécu les mêmes épreuves et pourtant je ressens les mêmes choses que toi, je me culpabilise encore aujourd’hui, j’étais si heureuse quand ma fille est née et si malheureuse en même temps (ma sœur a remarqué que je n’allais pas bien du tout, la seule peut être ), je me culpabilise de ne pas m’en mettre occupé d’avantage après sa naissance même si j’étais H24 avec elle j’étais épuisée physiquement, chaque mouvement de mon corps me faisait atrocement mal, il m’a fallut un an pour remarcher, j’avais peur de la porter et de la faire tomber, je ne pouvais pas m’agenouiller pour lui donner le bain et j’en passe, ce manque de confiance en moi puissance 1000 … on pourra en discuter par mail si tu le souhaites mais c’est normal d’avoir cette ambivalence avec nos sentiments ….quand on a et qu’on traverse des épreuves pareilles on en sort si affaiblie….tu as fais preuve d’une si grande force carotte et pendant de si longs mois qu’il faut que tout cela sorte….il faut laisser du temps au temps comme on dit mais ce que tu vis est extremement difficile au quotidien, crois moi tu es forte carotte et si courageuse ….je t’embrasse fort dis toi que tu es une super maman et ça ne l’oublie jamais, tes petits ont tant de chance …je souhaite si fort que plume aille mieux …

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    • Carotte dit :

      Zabou 😭 merci pour ce si gentil message. Tu es passée par l’impossible deux fois et tu arrives à faire preuve de bienveillance et d’empathie envers moi…. tu es un amour…. vraiment.
      J’ai vu ton mail et j’ai prévu de longuement y répondre.
      Je t’embrasse très fort…. ❤️

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  9. Zabou dit :

    Ma fille me donne tellement chaque jour, comme je te le disais elle m’a sauvé, je lui dois tout et pourtant oui j’étais si malheureuse ….tout ce passé qui a refait surface…ce sentiment de mal être mélangé….tu vas t’en sortir ….c’est tout a fait normal ton comportement crois moi ….

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    • Carotte dit :

      Ta fille est merveilleuse mais hélas elle ne prendra jamais la place de ses frères. Elle ne les effacera jamais. Tu n’as pas eu à faire le deuil d’un enfant… mais de trois (déjà pour moi survivre à un enfant c’est insurmontable). En si peu de temps. Comment réussir à être pleinement heureuse avec une telle histoire? Comment, paradoxalement (mais tout qu aussi logiquement) être aussi en colère alors que l’on vit l’un des plus beau jour de sa vie? Je ne suis pas psy, mais je ne vois pas comment tu peux vivre sereinement une naissance quand elle fait écho à l’impossible Zabou. Avec ton mari vous avez fait preuve d’un courage énorme, et je pèse mes mots. Ta fille comprendra tout ça, je suis sure que tu lui donnes le meilleur… mais tu jongles en permanence entre la vie et la mort (et eux, auraient-ils fait pareil? A quoi ils auraient ressemble?). C’est tellement tellement injuste de devoir survivre à son enfant. Et aujourd’hui même si tu aimes ta fille, tu survis toujours. Je ne pense pas que l’on puisse se remettre de ça.
      Tu es incroyable. Vraiment.
      ❤️

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      • Zabou dit :

        Oui carotte comme c’est joliment dit …oui on ne vit pas après la perte d’un enfant, on survit comme on peut ….je t’embrasse ma belle mais saches (on en parlera par mail) que vivre la néonat a été une telle épreuve, c’est si dur moralement personne ne peut comprendre a moins de l’avoir vécu….ne pas savoir si mon fils allait s’en sortir, vivre heure par heure, les machines qui sonnaient….les médecins qui accouraient…, Cette fin, c’est abominable

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  10. Zabou dit :

    C’est pour cela que je sais a quel point tu as été forte ….vivre a travers les bips des machines est insoutenable….ta plume est la aujourd’hui et tu as su si bien la soutenir …

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    • Carotte dit :

      Disons que la première couche de dépression était liée à plein de choses mais après les hospitalisations ont été des éternels recommencement de ses débuts de vie. La sonde, les scores, les desaturations sévères. J’ai revécu le cauchemar encore et encore. Mais elle est là, mon soleil. L’extrême prématurité c’est une loterie terrible….

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      • Zabou dit :

        Oui comme tu dis une loterie finalement …et bcp n’en ressorte pas malheureusement car en allant chercher le compte rendu de Tom j’ai aperçu des dossiers ou bcp étaient notés décédé….et pourtant je m’en suis moi meme sorti il y a 40 ans …comme quoi…il y a encore des progrès a faire malgré ce qu’on peut en dire ….

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        • Carotte dit :

          Ça ne sont pas vraiment des progrès. Certains bébés s’en sortent, d’autre non. Les filles mieux que les garçons. Les singleton mieux que les jumeaux. Il y a des progrès à faire mais il y a aussi cette fichue zone grise qui fait qu’on ne sait pas….

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  11. damelapin dit :

    J’ai mal pour toi quand tu dis avoir honte. Je comprend ton sentiment, mais en même temps c’est tellement « normal » d’avoir les nerfs qui lâchent après tout ça. Ce que tu décris avec l’hélicoptère, j’ai pensé au stress post traumatique. Ça a de quoi marqué ce que tu as vécu ❤️

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  12. Fortuna dit :

    Oh ma Carotte, c’est le contre-coup et ça me semble bien normal. Tu n’as pas à avoir honte, loin de là, tu as traversé tellement d’épreuves. Le truc c’est que quand on vit ce genre de choses, on a tendance à s’oublier et notre corps ne tarde pas à nous le rappeler. C’est une sonnette d’alarme Carotte, ça veut dire « prends soin de toi aussi maintenant ». Je t’embrasse très très fort.

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  13. missnounours dit :

    Franchement il ne faut pas que tu sois dure envers toi-même, c’est normal qu’à un moment le corps réagisse après ce que tu as traversé notamment les premiers mois de ta petite princesse. Moi-même avec mon mélanome mon médecin traitant à voulu me prescrire des séances de psychologue pour que je parle de mon mélanome notamment les différentes phases. Pour l’instant je n’ai pas encore fait la démarche car je trouve que les personnes qui sont au courant de ma maladie m’ont bien aider à parler de mon mal-être mais je pense que ça « craquera » tôt ou tard. Tu as traversé beaucoup d’épreuves difficiles ces dernières années, normal que les nerfs lâchent, faut pas culpabiliser. Je vois que l’état de santé de ta fille va mieux et c’est tant mieux. Toi et ta famille méritez de profiter de la vie et d’être heureux.

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    • Carotte dit :

      Je pense en effet que c’est inévitable…. j’imagine que quand tu as eu le diagnostic tu t’es dit que c’était la rançon de tout ça. Tout doit sembler tellement dérisoire quand tien arrives la…
      Je ne sais plus si j’ai commenté ton dernier article rempli de jolies nouvelles, mais je respire à nouveau avec toi…. le contre coup viendra peut-être sûrement….. mais tu le sais.
      Je t’embrasse

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      • missnounours dit :

        Merci beaucoup. En effet je revis depuis que j’ai eu les résultats même si maintenant je vais devoir être très vigilante avec ma peau et changer un peu ma façon de vivre notamment pour l’alimentation. Quoiqu’il en soit prend soin de toi et de ta famille. Je vous souhaite de passer des fêtes de fin d’année douces. Bisous

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  14. Kaymet dit :

    Carotte, comme damelapin, quand j’ai lu ton texte, j’ai pensé au stress post traumatique. Je parlais de ce type de syndrôme il y a quelques jours avec une copine qui est hypnothérapeute. Elle me disait que dans les traumatismes, il y a quelque chose qui se bloque dans le cerveau, et qu’on a beau user de toutes sortes de stratagèmes pour contourner ça et faire avec dans la vie de tous les jours, on se retrouve toujours à un moment ou à un autre à se heurter à ce blocage qui empêche l’énergie de circuler et de vivre bien. Elle me parlait de l’EMDR (une technique qui avait je crois initialement été développée pour gérer le syndrôme de stress post-traumatique pour les vétérans du viêtnam, mais qui est aujourd’hui de plus en plus utilisé dans tout un tas de contextes), et me disait que c’est une technique qui fait vraiment des miracles parce qu’elle arrive à libérer ce type de blocage de façon mécanique et parfois simplement en une séance. Bien sûr, ça n’efface en rien le vécu, mais ça permet de l’intégrer et de supprimer beaucoup de souffrances qui y sont associées. Peut-être que ça vaudrait vraiment le coup pour toi de voir si tu peux rencontrer quelqu’un qui pourrait te proposer ce type de séance – rien qu’une heure pourrait déjà te soulager grandement.
    Et non, tu n’as certainement pas à t’en vouloir ou à te sentir coupable. Tu es humaine et tu fais au mieux pour tout le monde dans un contexte extrêmement difficile. Et surtout, garde bien en tête qu’il n’est pas égoïste de penser à toi, bien au contraire – prends soin de toi, parce que c’est quand tu iras vraiment bien que tu seras encore plus disponible pour tous ceux autour de toi qui te sont chers. Et le bonheur, c’est contagieux.
    ❤ ❤ ❤

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    • Carotte dit :

      Merci pour ton message 😘 avant d’aller chez la psychiatre l’année dernière j’ai fait une séance d’EMDR. Je n’ai pas donné suite car le feu a été eteint par les AD et après… ça s’est enchaîné. Financièrement ça demande bcp mais j’ai une thérapeute à 500m de chez moi. Je pense donc que j’y retournerai….

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  15. monpetitoeuf dit :

    Carotte, que c’est hyper prenant de lire tout ce que vous avez vécu, ce que tu as ressenti …. mon cœur se serre bien fort à te lire. Je pense qu’après autant de stress, de peur et de pression il est normal d’avoir un contre coup. Prends soin de toi. Je t’embrasse

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  16. On est là ma belle ❤️

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  17. TitPrune dit :

    « j’ai tellement honte, je me déteste tellement de ne pas être plus forte ». Tu es tellement bienveillante avec les autres et dure avec toi-même. Cette dépression, ce n’est pas un choix que tu fais, c’est ton corps qui accuse le contre-coup. Tout ce que tu as vécu et surmonté montre que si, tu ES forte et courageuse. On a beau être heureuse et reconnaissante pour nos enfants, la fatigue suffit parfois à nous mettre KO, alors l’année que tu as vécue, n’en parlons même pas.
    Déjà, bravo d’en avoir parlé, d’avoir mis des mots sur ta souffrance. Bon courage !!

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  18. mimiattend dit :

    Tu sais, il y a quelques années lorsque j’étais en Afghanistan j’ai failli mourir. Notre groupe a été pris dans une embuscade, un soldat derrière moi a été blessé, il a fallu le prendre en charge, notre groupe s’est disloqué. A ce moment là, une compresse dans la main gauche et mon fusil dans la main droite, j’étais persuadée que j’allais mourir car la situation était vraiment désespérée. J’ai même vu des images de ma vie future que je n’aurais jamais. Et puis un autre groupe est venu nous secourir, enfin bref, tout le monde s’en est sorti. Je n’ai pas arrêté de pleurer les jours qui ont suivi. Un psychiatre est venu sur place car suite à une autre attaque, l’un de nous y avait perdu la vie. On m’a obligée à consulter ce médecin. Je lui ai dit que je ne comprenais pas, je me sentais en deuil alors que personne n’était mort finalement. Eh bien il m’a appris que si, j’étais en deuil car j’avais perdu non quelqu’un mais quelque chose, l’illusion d’immortalité qu’a tout un chacun. Car personne ne vit ne pensant mourir à chaque seconde.
    Je suppose que tu as perdu une forme d’insouciance, on ne pense pas à chaque instant qu’on va perdre son enfant. Et tu y as été confrontée pendant des mois. Bien sûr on a peur que quelque chose lui arrive, mais c’est ponctuel, on n’y pense pas joie et nuit.

    Concernant la honte que tu ressens par rapport à celles qui ont réellement perdu leur enfant, tu ne peux pas comparer des réalités différentes. Ta réalité est d’avoir 3 enfants, si tu en voulais un 4ème et que tu ne pouvais pas, tu aurais parfaitement le droit d’être malheureuse (« oui mais j’en ai déjà 3 alors que d’autres n’en auront jamais »). Certes. On n’a pas toutes la même chance, mais ne compare pas des réalités différentes. Par exemple, ma réalité aurait été d’en avoir un au moins, juste un seul. Ta réalité est autre. On ne peut comparer des peines. Ne pas arriver à faire un deuxième est certainement aussi douloureux que de ne pas arriver à avoir un premier, on n’en sait rien car c’est propre à chacune.
    Ne t’autoflagelle pas, les choses ont été bien assez difficiles pour toi. Prends soin de toi, tu le mérites Carotte.
    Plein de tendresse à toi qui as toujours su trouver les mots qui réconfortent 💕

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    • Carotte dit :

      J’ignorais que tu avais vécu tout ça… je n’ose même pas imaginer ce que tu as pu ressentir sur le moment (est-ce que ce moment t’a hantée longtemps?) et vivre derrière. Surtout en ayant perdu l’un des votres…. as-tu fait de l’emdr?
      L’insouciance en général je pense avoir fait son deuil en pma, mais oui, l’insouciance certainement de ne pas savoir que quand on donne la vie on donne aussi la mort, et que l’on ne peut rien y faire….
      Ton message est plein d’empathie et de douceur. Je suis frappée par cette clémence alors que tu n’as pas eu le millième de ma chance. Ça montre l’incroyable chemin que tu as parcouru. Et la très belle perso ne que tu es.
      Merci…. merci de venir ici me réconforter.
      Je t’embrasse bien fort ❤️

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  19. marredattendre dit :

    Ma chère Carotte, tu as été confrontée à la mort, tu l’as vue en face pour ta fille, de manière répétée. C’est un cauchemar, un traumatisme que l’on ne peut effacer. Le temps, la thérapie par la parole, l’investissement pour toi dans d’autres choses que tes enfants te permettront sans aucun doute d’aller mieux. En attendant, tu n’as pas à te sentir coupable : tu n’es pas responsable de cette souffrance qui t’habite. Tu fais au mieux avec ce que la vie te donne. Je t’embrasse bien fort.

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  20. Léonie dit :

    Chère Carotte, je pense souvent à toi, à ta plume, à tes grands. J’espère si souvent et si fort que vous alliez bien tous les 5. Vu de l’extérieur, ca me semble si normal que tu te sentes flanchée… Mais l’être humain est ainsi fait que toi, qui est au coeur du chaos, tu ne le vois pas et culpabilise de ressentir tout ca.
    Oh Carotte, j’aimerai te montrer des bribes de ta vie à travers le regard des autres. J’aimerai que tu aies ce recul pour que plus jamais tu ne ressentes cette honte. Que tu te vois telle que je te lis et que tu te dises « mais put*in qu’est-ce qu’elle est forte cette fille !!! » (qui arrive après le « mais pourquoi est-ce qu’ils ont du vivre tout ca ? » mais à cette injustice là, les 4 ans de PMA m’ont appris qu’il n’y a pas de réponse…). Je t’embrasse fort, et j’espère qu’avec le temps tu arriveras à être aussi douce et indulgente avec toi-même que tu l’es avec les autres. ❤️

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  21. Kae Browneyes dit :

    Comme toujours tes mots me touchent, et les miens ne seront jamais à la hauteur de ce que je voudrais te dire. Je vais essayer pourtant. Tu es une des rares personnes qui ne me font pas désespérer du genre humain, mieux! qui me font croire en lui. Tu es vraie, mesurée, sensible, toujours authentique, et en proie au doute, à la remise en question… un peu trop parfois, surement! Rien n’est jamais acquis, et peu de gens en ont conscience; toi oui tu en as une conscience aiguë. Si bien que tout ce que tu vis est multiplié en intensité… Peut-être que c’est de la dépression, mais au-delà ça peut aussi être un trait de caractère… Tu te soucies des tiens, et des autres et bien que ce soit tout à ton honneur. il faut aussi penser à toi…alors Carotte, prends soin de toi! Je crois que c’est plus qu’important que tu t’accordes du temps à et avec toi-même… Big big hugs et merci d’être la si belle personne que tu es! J’en voudrais des milliards comme toi ❤

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    • Carotte dit :

      Je ne sais pas si tu as trouvé les mots que tu voulais mais j’ai les larmes aux yeux… je suis littéralement touchée en plein cœur. Et je ne trouve plus les miens pour exprimer ce que je ressens maintenant, mais une chose est sure, c’est beau. Merci Kae…. vraiment.

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  22. September dit :

    Je te serre très très fort dans mes bras ma belle 😘😘😘
    Il est temps de faire une pause et de prendre soin de toi 💙
    Plein de gros gros bisous

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  23. julys974 dit :

    Je me retrouve en larmes en lisant tout ce que tu as traversé et que j’ignorais… Ce que tu as vécu est une terrible épreuve. Tu as été confrontée à la fragilité de la vie et à cette immense impuissance… J’ai toujours pensé que dans la vie, on pouvait à peu près tout contrôler. Sauf la vie et la mort… Et c’est terrible de réaliser et d’accepter cette perte de contrôle, parce qu’elle rend tout tellement précaire…
    Parfois, on n’a pas le choix de faire face dans l’urgence. Mais comme tu le décris si bien, vient toujours l’effet boomerang qui nous déstabilise et nous fait vaciller.
    Tu sais ma Carotte, fléchir ne fait pas de toi quelqu’un de faible mais juste quelqu’un de profondément humain.
    Tu n’as ni à culpabiliser d’être malheureuse, ni à culpabiliser d’être heureuse.
    Je te l’ai souvent dit par le passé mais tous les ressentis sont justes et légitimes. Peu importe ce qui les provoque. Et dans ton cas, tu as mille raisons de subir le contrecoup de tout ce que vous avez vécu ces derniers mois.
    Après l’état de sidération qui t’oblige à avancer dans l’urgence, vient toujours la confrontation à la réalité de ce qui vient de se produire.
    Prends soin de toi. Je suis malgré tout très heureuse que tu aies trouvé une personne pour t’accompagner. C’est tellement essentiel…
    J’y vais 1 fois par mois depuis des mois. J’avais commencé avant l’arrivée de ma fille et j’ai éprouvé le besoin de poursuivre. C’est un cadeau qu’on se fait et un temps pour soi qu’on s’accorde. Je t’embrasse fort. 😘😘😘

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    • Carotte dit :

      Je suis très touchée par tes mots, merci du fond du cœur d’être venue ici ❤️❤️❤️
      C’est tellement ça…. de pas maîtriser la vie et la mort. La vie d’abord, quand on était en pma. Puis le sursis de ma plume, qui a été si long, si éprouvant… des extrêmes, encore et toujours, à croire que le paradoxe régit ma vie!

      Je pense en effet qu’un suivi après des parcours comme les nôtres, l’infertilité, des enfances compliquées, est essentiel. Je suis rongée par la culpabilité si souvent, au point que parfois je me dis que je ne mérite pas ces incroyables cadeaux que la vie m’a fait. Les cicatrices de l’infertilité, ces enfants que l’on a espéré si forts… au point de ne pas accepter nos propres faiblesses. Pour ma part, mon « curseur de normalité » est complètement déboussolé et en plus du reste, elle vient apaiser mes angoisses et mes inquiétudes de jeune maman.
      Je t’embrasse bien fort et j’espère que tu vas bien… 😘😘😘

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      • julys974 dit :

        Concernant les extrêmes, je connais ce sentiment que la normalité et le calme tranquille n’est pas fait pour nous…
        Je sais que tu culpabilises souvent. Je me souviens de ta culpabilité quand les jumeaux se sont accrochés. Tu culpabilisais alors d’être heureuse quand la chance ne nous avait pas sourit… Pourtant, tu méritais ce bonheur autant que quiconque ! Puis, aujourd’hui, je lis que malgré toutes les bonnes raisons qui sont les tiennes, tu culpabilises de souffrir de tout ce qui s’est passé. Tant de personnes auraient craqué Carotte ! Tu souffres sans doute du syndrome de l’imposteur… Celui qui ne se sent jamais à sa place nulle part et qui a toujours l’impression de ne pas mériter ce qu’il a, en comparaison à d’autres. Tu es tournée vers l’Autre et c’est tout à ton honneur. Mais ne t’oublie pas en chemin… Tu dois toujours et en toutes circonstances rester ton essentiel… Je te dis ça sachant que je n’y arrive pas vraiment… Mais j’y travaille…
        Je vis des moments particuliers, mais ça va. J’ai une jolie petite brunette qui sait me redonner le sourire dans les moments un peu difficiles. ❤️
        Sache que je suis là… Tu sais où me trouver… 😘

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  24. anabelle-dnlp dit :

    Les extrêmes, les paradoxes, ces dernières années, cette année passée a été si violente! Comment en sortir indemne… Tu mérites tout le bonheur que tu as et plus encore, tes enfants ont de la chance de t avoir, Plume n’aurait pas eu la force de vivre sans toi. J’espère que le temps et l’aide que tu as te permettront dans qq temps de regarder la belle personne que tu es avec bienveillance et amour. En attendant, je rejoins les copines pour t encourager à être indulgente et à prendre soin de toi. 😘

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  25. mimiattend dit :

    J’ai peut-être un peu trop raconté ma vie là

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  26. Gigi Diamant dit :

    Je pense bien à toi. Tout s’arrangera au fur et à mesure que les hôpitaux s’éloigneront!
    Un gros câlin à ta petite puce! 🌺

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  27. lenfantpresse dit :

    Les larmes coulent plus difficilement en ce moment, c’est plutôt la colère qui sort, toute seule, contre mon conjoint et mon tout petit bébé. J’ai honte, tous les jours. En lisant ton article, ce sont les larmes qui sont sorties, toute cette tristesse enfouie que je ne comprends pas : mon bébé est vivant, pourquoi suis-je si triste ?! Et cette phrase : « après la pression, la dépression »… tout a fait sens. Je n’ai pas encore la force de me tourner vers un psy, pas la force de remuer tout cela. Je suis capable de l’écrire, je me suis lancée dans un blog, mais pas de le « dire ». Donc merci à toi, aujourd’hui sans le savoir, tu as donné de la force et de l’espoir à une inconnue… un immense merci pour tes mots.

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    • Carotte dit :

      Voir une psy est pourtant très important car le stress post traumatique est violent…. ça doit sortir, c’est important. Mais avec un(e) psychiatre. La dépression est surnoise au final, elle attend que le danger soit écarté pour arriver. Trois mois en apnée, bonheur intense et pouf. Tout retombe. Tu ne souffres pas pour aujourd’hui mais pour ces derniers mois de chaos…. tu n’es pas seule, c’est super d’écrire si ça te fait du bien, c’est une forme de thérapie!

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